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Programme romand de prévention et de traitement du jeu excessif
Les conséquences socialement dommageables du jeu
L'enquête suisse de prévalence menée à fin 1998 par les Hôpitaux Universitaires
de Genève, sur mandat de La Romande des Jeux SA et de la Loterie Romande, a montré que le jeu excessif
dans notre pays restait pour le moment dans le bas des valeurs relevées dans d'autres régions industrialisées
(les joueurs pathologiques représentent env. 8‰ de la population suisse, et les joueurs potentiellement
à problème un peu plus de 2%). L'arrivée des vrais casinos va immanquablement provoquer une
hausse de ces taux, d'autant que l'enquête a aussi confirmé le lien direct entre la prévalence
et l'offre de jeux de casinos ou de machines à sous.
Le législateur fédéral s'est inquiété des " conséquences socialement
dommageables du jeu " et a obligé les candidats à une concession de casino à présenter
un " programme de mesures sociales ".
Conception générale du programme romand
Les joueurs excessifs souffrent d'un trouble du comportement, dont ils ont perdu le contrôle. La prévention
et le traitement de cette affection sont fondamentalement des questions de santé publique.
Partant de cette constatation, les cantons romands, sur proposition de La Romande des Jeux SA, ont décidé
de mettre sur pied un programme commun de prévention et de traitement dans le cadre médico-universitaire
qu'offrent les hôpitaux universitaires de Genève et Lausanne.
Tous les exploitants de jeux d'argent d'une certaine ampleur devront y adhérer. Pour les maisons de jeu,
cette adhésion équivaudra à leur obligation de " programme de mesures sociales ".
La structure de prévention et de traitement s'articulera autour des deux centres de traitements de Genève
et Lausanne, travaillant en concertation, et d'antennes locales qui seront réparties dans les territoires
romands au fur et à mesure des besoins.
Les médecins et psychologues des centres de Genève
et Lausanne sont formés, depuis septembre 2000, par l'un
des experts les plus réputés au monde, le Professeur
Robert Ladouceur (Québec). Sa méthode comportementalo-cognitive
s'est révélée, à ce jour, de loin
celle dont le rapport efficacité/coûts est le meilleur.
La thérapeute prévue à Lausanne complète
actuellement des études dont La Romande des Jeux SA et
la Loterie Romande prennent en charge une partie des frais.
Les spécialistes des centres de Genève et Lausanne formeront à leur tour les intervenants
des antennes locales.
Mesures de prévention
En collaboration avec les exploitants des jeux, les spécialistes des centres définiront et superviseront
diverses mesures préventives. Entre autres :
- La formation du personnel des jeux.
- L'information du public dans les lieux où se déroulent les jeux.
- Tenue d'une hot-line. Elle sera au départ liée à d'autres dépendances ou problèmes
sociaux. Le secret médical sera totalement assuré, les exploitants et autorités ne recevant
que des statistiques non individualisées.
- Mesures accompagnant les interdictions volontaires des jeux.
- Information générale du public, dans les écoles, dans les facultés universitaires
(notamment médecine et psychologie), aux professions sociales ou paramédicales, dans les cours de
formation continue (des médecins généralistes, des assistants sociaux, etc).
Financement
Les coûts marginaux du programme de prévention et de traitement, qui sont spécifiques par
rapport au budget général de la santé publique, seront partagés entre les exploitants
de jeux d'argent implantés en Suisse romande, proportionnellement au revenu brut des jeux, c'est-à-dire
aux pertes des joueurs.
La Romande des Jeux SA, Conférence de presse du 28 janvier 2000
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